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:Ma premire proposition fut de conduire le lendemain mes vainqueurs chez Flix, et de mettre toute sa boutique  leur disposition.  Malheureusement le moment tait mal choisi, je parlais  un auditoire qui m'coutait la bouche bourre de babas et les mains pleines de petit pts.
:Cette offre eut assez de succs prs des petits garons ; mais les petites filles s'y opposrent formellement, dclarant qu'elles avaient horriblement peur des feux d'artifice, que leurs nerfs ne pouvaient supporter le bruit des ptards, et que l'odeur de la poudre les incommodait.
:J'allais ouvrir un troisime avis, lorsque j'entendis une petite voix flte qui glissait tout bas  l'oreille de ses compagnes ces mots qui me firent frmir :
:-- Hum !  a ne promet pas grand'chose de beau, ce titre-l.  Mais, n'importe, va toujours ; si tu nous ennuies, nous t'arrterons et tu nous en diras un autre, et ainsi de suite, je t'en prviens, jusqu' ce que tu nous en dises un qui nous amuse.
:-- Mon cher Henri, vous tes un enfant charmant, lev  ravir, et cela m'tonnera fort si vous ne devenez pas un jour un homme d'tat trs-distingu ; dliez-moi, et je ferai tout ce que vous voudrez.
:Or, comme il faut tenir sa parole, mme quand elle est donne des enfants, j'invitai mes auditeurs  s'asseoir commodment, afin qu'ils pussent passer sans douleur de l'audition au sommeil, et, quand chacun eut pris sa place, je commenai ainsi :
:C'taient deux jolis enfants, mais si diffrents de caractre et de visage, qu'on n'et jamais cru que c'taient le frre et la soeur.
:Quant  sa mre, il va sans dire qu' quelque hauteur qu'elle levt le doigt ou mme la main, Fritz n'y faisait aucune attention.
:Or, le 24 dcembre de l'anne 17...  tait arriv.  Vous n'ignorez pas, mes petits amis, que le 24 dcembre est la veille de la Nol, c'est--dire du jour o l'enfant Jsus est n dans une crche, entre un ne et un boeuf.  Maintenant, je vais vous expliquer une chose.
:Le soir donc de cette bienheureuse veille de Nol, au moment o le crpuscule commenait  descendre, Fritz et Marie, qui, de toute la journe, n'avaient pu entrer dans le grand salon d'apparat, se tenaient accroupis dans un petit coin de la salle manger.
:-- Mon frre, disait Marie, bien certainement papa et maman s'occupent de notre arbre de Nol ; car, depuis le matin, j'entends un grand remue-mnage dans le salon, o il nous est dfendu d'entrer.
:-- Ah !  oui, dit Fritz, avec cela que, l'anne passe, il ne m'a donn que de l'infanterie quand, ainsi que je viens de le dire, il m'et t trs agrable d'avoir un escadron de hussards.
:-- Mais tu n'es pas raisonnable, ternel demandeur !  s'cria le parrain qui commenait  se fcher ; comme la mcanique est faite, il faut qu'elle marche.
:Marie, disons-nous, ne rpondait pas  l'invitation de mademoiselle Trudchen, parce qu'elle venait de dcouvrir l'instant mme un nouveau joujou qu'elle n'avait pas encore aperu.
:-- Oh !  s'cria la jeune fille, dis-moi donc, bon pre,  qui appartient ce cher petit bonhomme qui est adoss l, contre l'arbre de Nol.
:-- Eh bien, ma bonne petite Marie, puisque le casse-noisette te plat tant, quoiqu'il appartienne galement  Fritz et  toi, c'est toi qui seras particulirement charge d'en avoir soin.  Je le place donc sous ta protection.
:Mais il n'en fut pas ainsi de Marie ; et comme la prsidente, qui avait hte de rejoindre son mari qui tait dj pass dans sa chambre, l'invitait  se sparer de sa chre armoire :
:-- Rentre bientt, chre petite Marie, car, si tu restais trop tard, tu serais fatigue, et peut-tre ne pourrais-tu plus te lever demain.
:-- Parrain Drosselmayer, que fais-tu l-haut ?  Descends prs de moi, et ne m'pouvante pas ainsi, mchant parrain Drosselmayer.
:-- Princesse, soyez sre que, quoique vous ayez  une certaine poque t injuste envers moi, je me souviendrai toujours de vous, mme au milieu de la bataille.
:Presque au mme instant, tout le rgiment de hussards s'branla pour charger ; de sorte que, d'un ct, la poussire qui s'levait sous les pieds des chevaux ; de l'autre, la fume des canons qui s'paississait de plus en plus, drobrent  Marie la vue du champ de bataille.
:Ds lors la bataille fut perdue, et Casse-Noisette ne s'occupa plus que de faire une retraite honorable ; seulement, pour donner quelque relche  ses troupes, il appela  lui la rserve.
:Il ne s'agissait donc plus, pour l'infortun Casse-Noisette, de victoire ; il ne s'agissait mme plus de retraite, il ne s'agissait que de mourir.  Casse-Noisette se mit  la tte d'un petit groupe d'hommes, dcids comme lui  vendre chrement leur vie.
:-- Sur votre tte, prenez-le vivant !  Songez que j'ai ma mre venger.  Il faut que son supplice pouvante les Casse-Noisettes venir !
:-- Cher monsieur le conseiller de mdecine, dit-elle, voil une singulire plaisanterie que celle que vous nous faites l, et qui me semble n'avoir d'autre but que de rendre Marie plus malade encore qu'elle ne l'est.
:-- Oh !  non, chre prsidente, rpondit le parrain Drosselmayer ; elle est, au contraire, extrmement plaisante.
:La femme de ce roi, qui, par consquent, se trouvait tre une reine, mit un jour au monde une petite fille, qui se trouva, par consquent, princesse de naissance, et qui reut le nom gracieux et distingu de Pirlipate.
:Dame Sourionne habitait depuis longues annes le palais.  Elle prtendait tre allie  la famille royale, et reine elle-mme du royaume souriquois ; c'est pourquoi elle tenait, sous l'tre de la cuisine, une cour fort considrable.
:Aussitt dame Sourionne apparut gaie et frtillante, et, sautant sur le foyer, saisit adroitement avec sa petite patte les morceaux de lard que la reine lui tendait les uns aprs les autres.
:Aussitt le roi, voyant qu'il s'agissait d'un crime de lse-majest, rappela toute sa dignit et tout son calme, ordonnant, vu l'normit du forfait, que son conseil intime ft rassembl  l'instant mme, et que l'affaire fut expose  ses plus habiles conseillers.
:Au bout de vingt-quatre heures, les sept fils de dame Sourionne, dix-huit de ses neveux, cinquante de ses cousins, et deux cent trente-cinq de ses parents  diffrents degrs, sans compter des milliers de ses sujets, taient pris dans les souricires, et avaient t honteusement excuts.
:L-dessus, elle disparut, et personne ne l'avait revue depuis. Mais la reine, qui, en effet, s'tait aperue depuis quelques jours qu'elle tait enceinte, fut si pouvante de cette prdiction, qu'elle laissa tomber la pure de foie dans le feu.
:En ce moment, la reine entra ; les six gardiennes ordinaires et les deux surgardiennes intimes se jetrent la face contre terre, tandis que les six conseillers de lgation regardaient s'il n'y avait pas quelque fentre ouverte pour gagner les toits.
:-- O instinct de la nature !  ternelle et impntrable sympathie de tous les tres crs !  s'cria Christian-lias Drosselmayer, tu m'indiques la porte qui mne  la dcouverte de tes mystres ; j'y frapperai, et elle s'ouvrira !
:Le soir mme, le mcanicien et l'astrologue quittrent la capitale du royaume pour commencer leurs recherches.
:Matre Drosselmayer, qui n'avait que trois jours  lui, rsolut de mettre le temps  profit, et, ayant trouv par bonheur des places  la malle-poste, il partit  l'instant mme.
:Le lendemain, vers les dix heures du matin, ils taient Nuremberg.  Comme il ne restait  matre Drosselmayer d'autre parent que Christophe-Zacharias Drosselmayer, son frre, lequel tait un des premiers marchands de jouets d'enfant de Nuremberg, ce fut chez lui qu'il descendit.
:Et, sur ce, sans donner aucune autre explication  son frre bahi, Christophe-Zacharias s'lana hors de l'appartement, et revint un instant aprs, rapportant une bote dans laquelle tait une grosse aveline dore qu'il prsenta au mcanicien.
:Celui-ci examina la noisette avec non moins d'attention que ne l'avait fait matre Drosselmayer, et, secouant la tte, il rpondit :
:-- Je serais de votre avis et, par consquent, de celui de votre frre, si la noisette n'tait pas dore ; mais je n'ai vu nulle part dans les astres que le fruit que nous cherchons dt tre revtu de cet ornement.  D'ailleurs, comment votre frre aurait-il la noisette Krakatuk ?
:-- Je vais vous expliquer la chose, dit Christophe, et comment elle est tombe entre mes mains, et comment il se fait qu'elle ait cette dorure qui vous empche de la reconnatre, et qui effectivement ne lui est pas naturelle.
:Alors, les ayant fait asseoir tous deux, car il pensait fort judicieusement qu'aprs une course de quatorze ans et neuf mois, les voyageurs devaient tre fatigus, il commena en ces termes :
:Pendant ce temps, l'astrologue fixait les yeux sur le jeune homme, avec une attention continue qui parut si singulire celui-ci, qu'il saisit le premier prtexte pour sortir, se trouvant mal  l'aise d'tre regard ainsi.
:Et,  ces mots, ayant quitt la terrasse et tant redescendus dans leur chambre, les deux amis se couchrent, et, enfonant leurs bonnets de coton sur leurs oreilles, s'endormirent plus paisiblement qu'ils ne l'avaient encore fait depuis quatorze ans et neuf mois.
:Ces expriences faites, l'astrologue, le mcanicien et le jeune Drosselmayer se mirent immdiatement en route pour la rsidence. Zacharias et bien voulu les accompagner ; mais, comme il fallait quelqu'un pour garder sa boutique, cet excellent pre se sacrifia et demeura  Nuremberg.
:Le dernier soupir de dame Sourionne n'tait peut-tre pas trs-bien rim ; mais, s'il est permis de faire une faute de versification, c'est, on en conviendra, en rendant le dernier soupir !
:-- Elle a l'imagination trs-vive, rpondit sa mre, et, au fond, ce ne sont que des rves et des visions occasionns par sa fivre.
:Ni Marie ni personne ne comprit rien au discours du parrain ; il y a plus, ce discours parut mme si trange au prsident, qu'il prit sans souffler le mot la main du conseiller de mdecine, et, aprs lui avoir tt le pouls :
:La prsidente faisait une erreur, c'est  gt  qu'elle aurait d dire ; car ce gourmand de roi des souris, tout en ne trouvant pas les massepains de son got, les avait tellement grignots, qu'on fut oblig de les jeter.
:-- Ah !  ouiche !  dit Fritz, il n'y a pas de danger ; le conseiller de lgation du boulanger est un gaillard trop adroit pour commettre de pareilles bvues, et je voudrais bien pouvoir marcher sur le bord des gouttires et sur la crte des toits avec autant d'adresse et de solidit que lui.
:Marie reconnut la voix du jeune Drosselmayer ; elle passa en toute hte sa petite robe et ouvrit lestement la porte.  Casse-Noisette tait l, tenant son sabre sanglant dans sa main droite, et une bougie dans sa main gauche.  Aussitt qu'il aperut Marie, il flchit le genou devant elle et dit :
:Marie obit ; et  peine eut-elle regard par la manche, qu'une tincelante lumire brilla devant elle, et qu'elle se trouva tout  coup transporte au milieu d'une prairie embaume, et qui scintillait comme si elle et t toute parseme de pierres prcieuses.
:-- Nous sommes dans la fort de Nol, Mademoiselle, dit Casse-Noisette, et c'est ici qu'on vient chercher les arbres auxquels l'enfant Jsus suspend ses prsents.
:Non loin de l tait un petit village, dans lequel les maisons, les glises, le presbytre du cur, tout enfin tait brun ; seulement, les toits en taient dors, et les murailles resplendissaient incrustes de petits bonbons roses, bleus et blancs.
:-- Ah !  s'cria Marie, voil le joli fleuve que parrain Drosselmayer voulait me faire  Nol, et moi, je suis la petite fille qui caressait les cygnes.
:-- Tu as fait l un bien long et bien charmant rve, chre petite Marie ; mais, maintenant que tu es rveille, il faudrait oublier tout cela, et venir faire ton premier djeuner.
:Mais Marie, tout en s'habillant, persista  soutenir que ce n'tait point un rve, et qu'elle avait bien rellement va tout cela.  Sa mre alors alla vers l'armoire, prit Casse-Noisette, qui tait, comme d'habitude, sur son troisime rayon, rapporta la petite fille, et lui dit :
:Les clats de rire redoublrent de telle faon, que Marie comprit qu'il lui fallait donner une preuve de la vrit de ce qu'elle avait dit, sous peine d'tre traite comme une folle.
:-- Ah !  ah !  dit-il, la plaisanterie est bonne !  ce sont les sept couronnes que je portais  la chane de ma montre, il y a quelques annes, et dont je fis prsent  ma filleule le jour du deuxime anniversaire de sa naissance ; ne vous le rappelez-vous pas, cher prsident ?
:Marie tait devenue fort rouge quand elle avait aperu ce joli petit bonhomme ; mais elle devint plus rouge encore lorsque, le dner fini, il l'invita  passer avec lui dans la chambre l'armoire vitre.
:-- Vous tes un aimable et bon roi, Monsieur, et, comme vous avez avec cela un charmant royaume, orn de palais magnifiques, et peupl de sujets trs gais, je vous accepte, sauf la ratification de mes parents, pour mon fianc.
