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:En cet instant je m'aperus que j'tais sans fers ; mais je ne pus me rappeler o ni quand on me les avait ts.
:-- Que dites-vous l, monsieur ? rpliquai-je indign ; plutt cent fois la mort !
:Trois jours de dlai aprs l'arrt prononc pour le pourvoi en cassation.
:Huit jours d'oubli au parquet de la cour d'assises, aprs quoi les pices, comme ils disent, sont envoyes au ministre.
:L, classement, numrotage, enregistrement ; car la guillotine est encombre, et chacun ne doit passer qu' son tour.
:Une petite fille de trois ans, douce, rose, frle, avec de grands yeux noirs et de longs cheveux chtains.
:Ma femme ne m'inquite pas non plus ; elle est dj d'une mauvaise sant et d'un esprit faible, elle mourra aussi.
:Rve, vision ou ralit, je serais devenu fou, si une impression brusque ne m'et rveill  temps.
:Je me hasardai  l'appeler et  lui demander si c'tait fte dans la prison.
:C'tait en effet, pour un reclus solitaire, une bonne fortune qu'un spectacle, si odieux qu'il ft. J'acceptai l'amusement.
:Je n'ai plus que trois pas  faire : Bictre, la Conciergerie, la Grve.
:Ah ! malheureux rveur, brise donc d'abord le mur pais de trois pieds qui t'emprisonne ! La mort ! la mort !
:Ce prtre n'tait pas l'aumnier de la prison. Cela tait sinistre.
:La premire secousse tait passe. Toute ma prsence d'esprit m'tait revenue.
:-- Tiens, me disais-je, il parat qu'il y a des gens qui vieillissent, l.
:L'aumnier, qui me parlait sans relche, et que la voiture assourdissait, n'a pas rpondu.
:Et mille billeveses. Il se tournait tour  tour vers le prtre et vers moi, et je ne rpondais qu'en haussant les paules.
:-- Ah ! c'est cela ! a-t-il rpliqu. Allons, vous tes trop triste ! M. Castaing causait.
:En abordant la barrire, j'tais toujours proccup sans doute, mais Paris m'a paru faire un plus grand bruit qu' l'ordinaire.
:L'huissier m'accompagnait toujours. Le prtre m'avait quitt pour revenir dans deux heures ; il avait ses affaires.
:En attendant, on m'a dpos dans un petit cabinet attenant  celui du directeur. L on m'a laiss seul, bien verrouill.
:-- Vous avez froid, monsieur, mettez ceci ; il pleut, et vous seriez mouill ; et puis il faut tre dcemment sur la charrette.
:Encore si je savais comment cela est fait et de quelle faon on meurt l-dessus ! mais, c'est horrible, je ne le sais pas.
:Le nom de la chose est effroyable, et je ne comprends point comment j'ai pu jusqu' prsent l'crire et le prononcer.
:Je passais sur la place de Grve, en voiture, un jour, vers onze heures du matin. Tout  coup la voiture s'arrta.
:Ah ! cette fois, malheureux, je ne dtournerai pas la tte.
:J'ai demand au gendarme qui c'tait. Il parat que c'est une espce de sous-architecte employ  la prison.
:Moi, j'tais l, comme une des pierres qu'il mesurait.
:Un lger coup, frapp sur mon paule, m'a fait tourner la tte. C'tait le nouveau gendarme, avec qui j'tais seul.
:Voici  peu prs de quelle faon il m'a adress la parole.
:-- On n'est pas mchant pour le plaisir de l'tre.
:-- Si ce n'est que cela ! s'est-il cri en dfaisant les premires agrafes de son uniforme.
:On nous a dit de jouer, et nous causons, enfants du mme ge, non du mme sexe.
:Cependant nos ttes se touchaient, nos cheveux se mlaient, nos haleines peu  peu se rapprochrent, et nos bouches tout  coup.
:Quand nous voulmes continuer notre lecture, le ciel tait toil.
:Les jours d'excution, il vomit des gendarmes de toutes ses portes, et regarde le condamn avec toutes ses fentres.
:Et le soir, son cadran, qui a marqu l'heure, reste lumineux sur sa faade tnbreuse.
:Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette faon est bien simplifie.
:Ne sont-ce pas les mmes convulsions, que le sang s'puise goutte  goutte, ou que l'intelligence s'teigne pense  pense ?
:En effet, j'avais un flot de sang dans la tte, qui m'a fait dormir. C'est mon dernier sommeil, de cette espce.
:Nous traversmes la chambre  coucher,  ct. Ma femme dormait avec son enfant.
:Cela me surprit. Nous pensmes qu'il y avait quelqu'un derrire la porte.
:Elle est tombe tout d'une pice, comme un morceau de bois, comme une chose morte.
:-- Ah ! enfin ! rpondras-tu, vieille sorcire ? Qui es-tu ?
:J'ai replac la lumire sous le menton de la vieille.
:Le bon aumnier tait assis au pied de mon lit, et lisait des prires.
:-- Oh ! ai-je cri. Ma fille ! qu'on m'amne ma fille !
:Le prtre est bon, le gelier aussi. Je crois qu'ils ont vers une larme quand j'ai dit qu'on m'emportt mon enfant.
:-- Le voil ! le voil ! a cri la foule. Il sort ! enfin !
:Et les plus prs de moi battaient des mains. Si fort qu'on aime un roi, ce serait moins de fte.
:C'est l que le piquet qui attendait s'est ralli  l'escorte.
:-- Ayez piti de moi, ai-je dit,  mon Dieu ! Et j'ai tch de m'abmer dans cette pense.
:-- Vous tremblez de froid, mon fils ? m'a demand le prtre.
:Au dtour du pont, des femmes m'ont plaint d'tre si jeune.
:-- J'ai une dernire dclaration  faire ! ai-je cri faiblement.
:-- Ma grce ! ma grce ! ai-je rpt, ou, par piti, cinq minutes encore !
:-- Eh, par piti ! une minute pour attendre ma grce ! ou je me dfends, je mords !
